Autour d'elle, tout était calme. Elle entendait les voitures passer dehors, les moteurs ronfler, et tout autour il y avait le doux silence de l'hiver.
Elle entendait presque les flocons tomber, les arbres commençaient à pencher sous le poids de toute la neige accumulée depuis deux jours.
Il neigeait rarement à Florne, mais quand la poudre blanche tombait, c'était en grande quantité.
Les enfants en étaient heureux, riant aux éclats, faisant des bonhomes de neige, des batailles et tout ce qui leurs permettaient de s'amuser, tandis que les adultes eux, se plaignaient de ce sale temps, de l'état des routes, et de tous les risques qu'ils prenaient en allant travailler, risquant de glisser à chaque instant.
Méline elle, n'en avait rien à faire. Après tout elle restait chez elle tout le temps, quelle que soit la température extérieure, ne sortant que pour aller patiner. Elle soupira en entendant la porte claquer, et la voix forte de son père annoncer son retour. Elle entendis les pas de sa mère sur le sol, se précipitant pour aller le saluer. Ridicule. Ils faisaient semblant, semblant d'être heureux. Ridicule. D'être un couple ordinaire, ou l'amour règne. Ridicule. D'être une famille. Ridicule.
Ridicule. C'est le seul mot qui lui venait à l'esprit. Aussi loin qu'elle s'en souvienne, elle n'avait jamais connu le bonheur dans cette famille. Elle n'avait jamais même connu la véritable signification du mot famille. Mais après tout, elle ne se souvenait pas de tout. Quand elle avait sept ans, elle avait eut un accident. Comment ? Elle n'en savait rien. La seule chose dont elle était certaine c'est qu'elle avait complètement perdu la mémoire, suite à un coma d'environ un mois.
Chassant ses sombres idées, elle se releva, jetant au passage un coup d'oeil dans le miroir. Elle était belle. Belle à sa façon. D'une manière négligée, presque sauvage, avec ses longs cheveux noirs en broussaille. Mon son visage innocent contrastait complètement avec sa chevelure.
Elle avait des lèvres aussi fines que son nez, une moue boudeuse constamment présente, des pommettes hautes. Mais ce qui ressortait tout particulièrement de ce joli visage étaient ses yeux, d'un profond violet, dans lesquels on pouvait percevoir toutes ses émotions, si on la connaissait assez pour celà.
Mais en réalité, personne ne la connaissait vraiment. Personne ne s'intéressait à elle. Elle passait souvent inaperçu, malgré son physique avantageux. Quelques rares garçons s'étaient interessés à elle, puis s'en étaient détournés en voyant le manque d'intérêt évident qu'elle avait à leur égard.
Elle n'était pas méchante non, juste solitaire. Même si il lui arrivait que sa solitude lui pèse, en général elle s'y complaisait.
Après tout, il faut de tout pour faire un monde..


